À quoi reconnaît-on un humain ?

Blade Runner et le test d'empathie

CINÉPHILO Ollivier Pourriol
2 min ⋅ 22/01/2026

Blade Runner est un film de Ridley Scott, sorti en 1982, adapté du livre de l’auteur de science-fiction Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, publié en 1968.

Dans le Los Angeles postapocalyptique de 2019, Rick Deckard, un blade runner — mélange de policier, de détective privé et de chasseur de primes — incarné par Harrison Ford, est envoyé en mission pour repérer et exécuter quatre répliquants. Ces chimères biotechnologiques sont conçues à l’image des humains pour leur servir d’esclaves et les remplacer dans les tâches ingrates liées à la colonisation spatiale (combat, manutention, prostitution…).

Blade Runner est sombre à tous points de vue. C’est d’abord un film noir, ou néo-noir, au sens du genre : détective désabusé, femme fatale, tueurs psychopathes, mécanique tragique. C’est ensuite un film d’anticipation particulièrement pessimiste : l’avenir y est poisseux, pollué, policier, pluvieux. Et c’est enfin, littéralement, un film obscur, tourné de nuit, où ne brillent que des lumières artificielles. La Terre, à la suite d’une catastrophe nucléaire, a été plongée dans une pénombre permanente, percée de-ci de-là par le clignotement des néons ou les projecteurs de la police. Elle est devenue si inhospitalière que les mortels suffisamment riches sont invités par d’immenses écrans publicitaires, de la taille d’un immeuble ou montés sur des dirigeables, à fuir la planète. Le philosophe Michel Serres, dans son livre Le Mal propre, évoque la catastrophe perceptive qui accompagne la catastrophe physique de l’Anthropocène : la pollution « douce » — la prolifération des signes publicitaires — redouble la pollution « dure » — fumées industrielles, pluies acides et déchets plastiques. La fin du monde, pour parler comme Baudelaire, ne sera pas belle, elle sera pire.

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CINÉPHILO Ollivier Pourriol

Par Ollivier Pourriol

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