Prix d'interprétation 2026 à Cannes, actrice protéiforme
Il y a quelques mois, Vanity Fair me demandait un portrait de Virginie Efira. Ce fut l’occasion de découvrir une personnalité unique, à la fois réflexive, spontanée et généreuse, et protéiforme jusqu’au vertige. En voici un extrait :
Virginie Efira ne refuse aucune question, n’a manifestement rien à cacher, mais ne cesse, dès qu’elle affirme quelque chose, de se demander si le contraire ne serait pas tout aussi vrai. Quand je le lui fais remarquer, elle me répond à sa manière inimitable : « J’ai découvert qu’il y avait un mauvais côté à ça, mais un bon aussi. » CQFD. On rit. Le « en même temps » a montré ses limites en politique, « mais c’est bien pour une actrice, non ? C’est un moyen de s’ouvrir à l’altérité, d’être avec l’autre, de comprendre une autre façon de penser. » Elle a raison... Ne pas avoir une idée trop définie de soi est finalement un gage de plasticité. Son indétermination, qui faisait le désespoir de son père, est devenue, ironiquement, son meilleur atout. Une qualité rare qui lui permet d’épouser aujourd’hui, sans effort apparent, des visions aussi différentes que celles d’une Alice Winocour, d’une Rebecca Zlotowski ou d’un Paul Verhoeven. Et le mauvais côté, alors ? « Justement, en interview, à force d’essayer de voir la vérité des contraires, ma spécialité c’est d’entrer dans des nébuleuses et d’être la seule à me comprendre. » À sa décharge, on n’attend pas d’un artiste qu’il soit cohérent en interview, mais qu’il parvienne à incarner les contradictions d’un personnage.